Le Spring Break sobre, ça marche aussi. 22 mars 2009
Posted by kwet in Hiking, Photographie.Tags: Glagla, I (L) Margaux, PENSEZ AUX TAPIS DE SOL!
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Voilà, j’annonce d’emblée la couleur: pour ce Spring Break, pas d’histoires de soirées oubliées, de réveils dans une prison mexicaine, ou encore de MST aux noms exotiques. Non, pour le Spring Break, j’ai décidé de rester dans les environs. D’accord, mon portefeuille a aussi un peu décidé. Mais pas seulement. Mon côté “vieux con” (vous savez, celui qui fait que je ne me sens plus tellement emoustillé en présence d’américaines ivres de 18 ans) a aussi un peu joué. Bref, j’ai juste bien profité de cette bonne petite ville de New York, et fait une virée de deux jours à la frontière entre le New Jersey (“The USA’s armpit”, pour les intimes) et la Pennsylvanie. Dans les environs de Delaware Water Gap, pour les googleurs forcenés.
Prologue: du béton, du béton, et Oh!, du Margaux
À vrai dire, cette virée a un peu commencé la veille, en cela que grâce à un doux urluberlu, j’ai pu quitter mon petit train train un jour plus tôt. Erika (une amie italienne qui a été “professional rollerskater” il y a quelques années, et qui fait maintenant une thèse en nanophysique…) et moi revenions tranquillement du théâtre (encore un coup des student rush tickets à $10, pour un spectacle au public gris et tremblotant, mais vraiment très, très bien joué), en marchant sur Madison Avenue. Je laissais donc trainer mon regard sur les vitrines où nul prix ne figure, puisque tout le monde le sait, les soucis d’argent, c’est bien pour ceux qui n’en ont pas. Quelle désopilante ironie! J’aperçois alors un restaurant français, “La Goulue”, avec quelques tables déjà occupées sur sa terrasse. Alors que j’expliquais fièrement l’origine du nom à Erika, je me rapproche pour lire le menu, saliver, regarder les prix, et pleurer. Et là, un des types assis aux tables de la terrasse, perdu quelque part entre 40 et 50 ans, costar, très jolies lunettes et petite bedaine, nous interpelle (je ne vais pas faire mon malin à mettre ça en VO): “Hey, venez prendre un verre! Allez, c’est moi qui offre! Venez! … Bah, où est-ce que vous allez aller sinon de toute façon?!”. Attiré par son air naturel et par le foie gras qui trônais sur la table, je finis par céder. Les verres s’enchaînent, je me rends compte qu’à l’origine il n’y avait à la table que ce charmant Marc -c’était son prénom- et sa soeur. Tous les autres, le couple de Princeton, les futurs mariés italiens, l’irlandais encore bourré de la veille, la vieille dame qui parlait français, étaient des passants happés par notre bienfaiteur visiblement plein aux as. Marc insistat évidemment pour qu’on se gave à volonté, tout en me demandant quel vin je voulais. J’indiquai timidement ma préférence pour un “red”, pour aller avec le fromage, et bim, 1 minute plus tard, 2 bouteilles de Margaux 2000 arrivent sur la table…Alors, je fais confiance à mes lecteurs oenologues pour me dire quelle fortune coûte ce genre de bouteille à NYC, mais c’était vraiment très, très bon. Au beau milieu de cette saoulerie, Erika m’abandonne, ayant un rencard. Je continue donc joyeusement à manger foie gras, fromage, poulet, ravioli, champignons, le tout généreusement arrosé de Margaux (bah oui, ils étaient pas cons les serveurs; voyant que le bonhomme était aussi riche que nous étions affamés et pauvres, ils ne laissaient jamais nos verres se vider). J’ai évidemment fini rond comme une queue de pelle, mais de manière complètement indolore, comme à chaque fois qu’on se la colle avec un bon vin. Décidément improbable, cette rencontre m’a vraiment revigoré, pas tellement pour la nourriture et le vin, mais pour la simplicité et la générosité avec laquelle ce Marc partageait sa qualité de vie avec tous les passants qui daignaient prendre de leur temps pour venir poser leurs fesses à une terrasse. Oui, parce qu’ici, ce n’est pas si évident. Ici, le passant moyen, s’il se fait interpeler et offrir de la nourriture dans la rue, il se méfie, accélère, parce qu’il a cours de pilates dans 10 minutes et qu’après il doit aller à deux dîners très importants le même soir. Bref, les gens autour de la table étaient justement ces new yorkais de Madison avenue qui ont su prendre le temps de boire un verre (ou plus) avec des inconnus.
Edit “people”: un souriant quinquagénaire ayant dit “ne pas avoir le temps” de s’asseoir était “Wolfgang Puck”. Je ne savais pas trop qui c’était, et il disait qu’à l’origine il devait être le chef du restaurant qui nous nourrissait. Je l’ai donc googlé, et on dirait que “c’est pas un couillon”.
Donc voilà, la veille du départ, je m’endormais ivre sur mon lit à 9h du soir. Le lendemain, j’étais frais et vaillant à Time Square pour récupérer les tickets de bus, qui nous faisaient passer par un bled perdu avant de nous amener, Pauline (pas la coquine, une autre) et moi, à Delaware water gap. J’ai découvert à cette occasion que depuis ce petit incident du cinglé qui a décapité son voisin dans un bus Greyhound, cette compagnie fouille et passe chaque passager au détecteur à métaux. Comme c’était le matin, que j’avais 4 poches, et que j’ai tendance à ne pas utiliser mes petites pièces, il a fallu que je m’y reprenne à 4 fois pour ne plus faire sonner la machine du monsieur qui me fouillait. J’ai eu beau lui dire en rigolant qu’on “ne sait jamais quoi faire de tous ces pennies”, il n’a pas bronché. Le cuistre. Pendant notre escale dans le susdit bled perdu, j’ai découvert qu’acheter des pommes était loin d’être facile une fois sorti de New York. Il aura fallu fouiller 3 magasin, interroger autant de passants, pour finalement trouver des pommes…(qui étaient dégueulasses). J’en profite pour vous faire part d’un dialogue que je garde précieusement de côté pour le roman surréaliste que j’écrirai un jour.
moi: “bonjour, vous savez ou on peut trouver des pommes ici? … … … des fruits quoi”
le ricain:”hein? Des fruits?… …des fruits, des fruits…hmmm…, des fruits… Peut êêêtre là bas…pas sûr… ou alors, essayez ce magasin à deux blocs d’ici. Mais, pourquoi vous voulez des fruits?”
Nous:”bah, pour manger, on va faire de la rando”
lui:”mais pourquoi vous prenez pas de la nourriture? (“food” en VO).. vous etes vegetariens?”
À ce stade là, on lui a dit “ok cool, thank you, take care!”, et on est parti en se mordant les lèvres. Je vous fait profiter d’une photo du génie en question:
Bon, après ça, on a repris le bus, et on est arrivés à Delaware Water Gap. On n’avait pas de plan, alors on s’est perdus, et on est parti dans la mauvaise direction (sur la bonne piste, quand même!). On a marché, grimpé, pris des photos, respiré, admiré pendant toute la journée, et puis on a commencé à se demander où on allait planter la tente, vers 7h, quand le jour commençait à tomber. On a donc décidé, malgré les nombreux panneaux mettant en garde contre les ours (on dira ce qu’on voudra, si les ours étaient vraiment méchants, on n’en ferait pas au chocolat et à la guimauve, mais plutôt en réglisse, ou un autre truc dégueu), de planter notre petite tente sur un bout de terre au bord d’une rivière au milieu de la forêt:
Alors, comme vous pouvez peut-être le deviner, cette tente est minuscule, et n’a qu’une couche (pas de mousticaire). Nous n’avions pas non plus de tapis de sol (dites bonjour au sol glacé, que toute votre bonne chaleur corporelle ne réchauffera jamais). Enfin, nous n’avions prévu pour nous nourrir que 6 barres de céréales par jour, plus une ou 2 de ces fameuses pommes dégueux. C’est donc en sous nutrition, et sous équipés, que nous avons passé la plus froide nuit que nous ayons connu. Je devais lire, plus tard, que pendant la fin de l’hiver, “même si les températures de jour s’élèvent, quand la nuit tombe, elles redescendent très vite”. C’est pas du barratin, j’ai regardé le lendemain, il a fait environ 0 degrés cette nuit là… Je sais, ça a probablement l’air follement amusant comme ça, mais non, non, n’essayez pas. Ou alors, prévoyez de dormir pendant 3h, pleurer pendant 4, et papoter pendant 2.
Enfin, tout ça en valait la peine car le lendemain, le temps était magnifique, on était presque seuls dans ce parc national encore désert (pas cons les américains, ils campent pas en hiver eux), et je ne peux que vous dire d’aller jeter un oeil aux quelques photos que j’en ai ramené, ici.
Quelques unes de mes favorites:





Waw Kwet! Tu rencontres des magic people, part à l’aventure au fin fond de parcs mystérieux… Et en plus tu nous ramènes des photos de tes échappées sauvages (comme le poney).
C’est vraiment chouette. Avec ça, j’ai la nostalgie d’un pays où je n’ai jamais posé les pieds.
Je considère ça comme mon post d’anniversaire, je peux?
Bisou!
Yes, you can :D
Pour le marcel MP, je dis bravo !
Si la photo avec le rayon de soleil entre les branches donne un petit côté onirique à ton escapade et que celle avec le so-called-famous “Marcel de Promo MP” ajoute un clin d’oeil cocasse, les autres photos, quoique très esthétiques, ont tout de même un petit quelque chose de la famille Adams, avec tous ces arbres aux branches nues, les feuilles mortes gisantes sur le le sol et le ciel désespérément gris… Mais enfin, ça a tout de même du cachet, et ça transpire de réflexions plus poétiques les unes que les autres (en tous les cas, il m’en vient beaucoup à l’esprit).
Pour en revenir à quelque chose d’un peu plus terre-à-terre (encore que…), ce sympathique Monsieur, qui se nomme Marc (homme de goût, s’il en est !), qui offre des verres de Château Margaux à des quidams, est une véritable source d’inspiration, un modèle à reproduire même. Résolution pour quand j’aurai les moyens : offrir des instants de convivialité et de gastronomie à des inconnus épicuriens de passage, juste pour la beauté du geste.
NB : la photo “Marcel de Promo MP” a quelque chose de Tim Burtonien, entre le lac d’un calme olympien qui pourrait passer pour un miroir, l’image réfléchie dans ce même lac de l’arbre aux branches sinueuses et l’énigmatique et incongru personnage de dos au milieu…
K.
MP Style? Celui qui a amené le son qui bouge? Celui qui fait jumper la fouler? Il frappe dans toutes les soirées, sa voix, tu l’a connais.
J’apprécie particulièrement la chemise à carreaux rouges que tu as visiblement piquée à Rufus Humphrey, ton idole.