That’s all folks! 24 juin 2009
Posted by Kwet in ma vie.Tags: Fin
add a comment
Désolé pour cette « fin » un peu bizarre. J’ai été un peu occupé durant les derniers jours, évidemment, ainsi que durant les premiers jours de mon retour en France. Je n’ai pas le temps, et en fait surtout pas l’envie de faire un gros discours sur la fin, qui n’est qu’un début, blabla. Celui là, je l’ai eu à la remise des diplômes, et tout ce que j’en ai retenu c’est un coup de soleil. Mes impressions sur le retour, sur le fait d’avoir quitté NYC, etc, idem, je pense que vous en avez une idée – et je devrais revoir la plupart d’entre vous dans la vraie vie, ce qui sera l’occasion de fournir à chacun/chacune un récit bien plus personnalisé et plus drôle.
Alors voilà, merci à toutes et à tous pour votre lecture assidue. J’espère ne pas vous avoir ennuyé. De toute façon, personne ne vous forçait à venir me lire.
Pour ce qui est de mon avenir, même proche, non seulement vous vous en foutez probablement, mais en plus il est complètement incertain. J’essaie tant bien que mal de trouver ma voie entre la recherche (bonjour les 400 euros par mois, brut) et le conseil/finance (bonjour les XXX k€/mois). Ceux que ça intéresse seront tenus au courant par d’autres voies que ce blog, qui n’a, jusqu’à nouvel ordre, plus lieu d’être tenu à jour.
Oh, et puis avant de terminer, un dernier petit lien. Voilà un bougre qui a su faire un boulot unique et génial sur l’américain lambda. David Lynch a une multitude de courts interview, publiés sur ce site au goutte à goutte. Enjoy.
Alors, portez vous bien, que la paix et l’allégresse soient avec vous, et à bientôt j’espère. Mille et un bisous!
Roar, Lion, Roar! 26 mai 2009
Posted by Kwet in ma vie.Tags: Dernière fois, Roar!, Rooftop
1 comment so far
Bon, ça vient un peu tard, mais je me suis dit qu’avec facebook, pas mal d’entre vous devaient déjà avoir été exposé à moult photos de la graduation de Columbia. On était donc tout de bleu vetus, sous le soleil, à écouter de beaux discours, et à agiter nos gros marteaux gonflables oranges au dessus de nos tête (chaque « école » de Columbia avait donné à ses diplômés des trucs distinctifs, mais aucune n’avait donné des objets aussi encombrants et voyants que notre bienveillante école d’engineering and applied science!).
Je n’ai évidemment pas pris de photos, donc je vous envoie sur ce petit album flickr qui n’est pas de moi.
L’ambiance était vraiment très sympa; mais en ce qui me concerne, c’était surtout parce que c’était la fin d’année, que je quittais un certains nombre de gens, une université… Ici, finir les quatre années de « college », c’est un énorme accomplissement. D’où la suite: on a décidé, pour rire, de sortir avec nos robes bleu ciel, en grande partie parce qu’on allait au 230, 5th Avenue, un rooftop bar qui donne sur l’Empire State building, qui ce soir là, était éclairé aux couleurs de Columbia! :)
Et, chose amusante, les gens dans la rue, dans le métro, au volant de leur camion, dans l’ascenceur, dans le bar, nous félicitaient: « congratulations! Columbia? Which school?! ». On a rencontré au passage pas mal d’autres « Columbia », dissimulés sous des vêtements normaux. Certains (exclusivement des français, notez bien) ont perçu ça comme de la frimme, ou assimilé…
Mais la réaction des locaux montre bien qu’ici ça n’est pas du tout perçu comme tel, mais plutôt comme une célébration, simplement. C’est le jour où on reçoit le diplôme qui clot nos études, où on quitte un paquet de gens; c’est le dernier jour où on se sent appartenir à ce « groupe » qu’est une promo. Et ici, les gens sont ravis de partager cette célébration avec vous, même si en général on s’en tient à une tappe dans le dos, un hug, un signe de la main et une petite phrase. Cette aptitude à célébrer toute forme de réussite, qu’elle soit la votre ou celle de votre voisin, même et surtout si vous ne le connaissez pas, est une des choses que j’admire ici.
On notera bien sûr au passage que c’est une arme merveilleuse pour engager la conversation avec des filles dans la rue. Mais ça, c’est pas nouveau, les universités n’ont pas inventé le port de l’uniforme…
Bref, depuis ce jour, je profite pleinement de NYC…mais je suis aussi bien déboussolé. Je ne sais toujours pas ce que je ferai en juillet, et encore moins en septembre. Je ne sais pas si j’aurai un job, et si oui, quel type de job. Je ne sais pas non plus où je serai, même si bien sûr la France reste le pays le plus probable. C’est à la fois effrayant et excitant; et ça se mélange au petit coup de tristesse associé à toute fin d’année, quand on ne sait pas quand on reverra tous ces gens. Dans ce cas, la meilleure chose à faire, en tout cas pour moi, est de ne penser qu’au court terme. Et là, le court terme c’est: trouver un job, recevoir Benjamin dignement (tu vas ramasser mec si on va dans Lower East side, ou au Beer Garden de Brooklyn :P), et rédiger cette saloperie de liste des choses à faire avant de partir…
Ah oui, préparer des histoires d’aventures croustillantes imaginaires à vous raconter quand je rentrerai. Bisous :)
Flash info people 18 mai 2009
Posted by Kwet in ma vie.Tags: Grad' my ass, Mitch, Première fois
1 comment so far
Juste un petit post pour vous dire que l’autre soir, en me laissant trainer au « Marquee », un club aux airs select mais dans lequel on rentre comme dans un moulin, j’ai croisé…wait for it…(surtout toi Julio!)… Hulk Hogan! Libre à vous de le googler; ce monsieur à l’impressionnante moustache jaune, qui était une star du ring en catch, a maintenant du bide, et danse complètement défoncé, dans un club de seconde zone, au bras de deux blondes retapées, entouré de 2 ou 3 videurs pour éviter que des losers comme moi essaient de le provoquer en duel. Dommage, j’aurais aimé inscrire mon nom dans les annales du catch, ainsi que mon empreinte dentaire dans le sol du Marquee.
Bon, et sinon rien n’a changé, les américain(e)s dansent toujours sur le même modèle: ils simulent avec application la position de la levrette, mais en gardant le peu de vêtements avec lesquels elles sont rentrées dans la boîte.
Et puis, sur un plan plus personnel, demain c’est ma remise des diplômes (la cérémonie de fin d’année pour l’université se déroulant mercredi). On nous a fait écrire nos noms en phonétique sur une petite carte pour pouvoir nous appeler sans retourner nos ancêtres dans leur tombe. Le mien s’écrit donc « Quay-2″. Oui, parce que la dernière fois qu’on a lu mon prénom ici, ça a donné « kotoxe ». Je suis fermement opposé à cette prononciation, et si on écorche mon nom demain, je vous préviens, je déchire ma belle robe de graduation. Et je ne porterai rien dessous!
Talk Derby to me! 9 mai 2009
Posted by Kwet in ma vie.Tags: Mr. Hot Stuff, nomnomCHEESEnom, Première fois
2 comments
Samedi dernier, c’était le jour du Kentucky Derby, une sorte de course hippique qui dure 2 minutes, et que toute l’Amérique regarde. Les femmes y portent les chapeaux les plus grands possibles, les jockeys ont des petites voix, et ils ont tous cet accent du sud qui vous rappelle que NYC a quand même plus d’écoles publiques que Dallas.
C’est aussi l’occasion pour les gens de se réunir pour boire, exhiber des chapeaux, et surtout, PARIER. J’ai donc été convié à une de ces charmantes sauteries, dans un appart’ luxueux de l’upper west side. Après avoir terrassé ma peur et osé saisir un des nombreux verres à $130 dollars pièce pour le remplir de champagne, j’ai découvert le tableau portant les 20 noms des cheveaux en compétition, avec à cotes repectives. J’ai aveuglément parié pour un des moins bien cotés, parce qu’il s’appellait « Mr Hot Stuff » (reconnaissez qu’avec un nom pareil, on ne peut qu’en avoir dans la culotte!). Les gens rencontrés là-bas étaient charmant, disaient « pardon? » pour me faire répéter au lieu de « WHAT?! », et « I’m so sorry! » quand ils m’effleuraient pour saisir un verre au lieu de « « . C’est encore une facette des US que je connais très peu (et ne connaitrai probablement jamais vraiment), mais c’est aussi ça que j’ai aimé cette année à NYC: des gens très, très différents vivent à une rue les uns des autres, et sont dans tous les cas très accueillants. J’ai aussi découvert le style de vie « du sud » (l’hôte de cette petite Derby Party étant de « là bas »). Je pense que le meilleur moyen de vous faire comprendre est de vous copier son pseudo facebook du lendemain:
« damage from the night: 34 people consumed 3 decently-sized bottles of bourbon, 2 bottles of brandy, 1 bottle of dark rum, 1/2 bottle of gin, 18 bottles of champagne, 2 bottles of wine, 8 pounds of pork, 20 cups of black-eyed pea salad, 5 quarts of brussels, 10 cups asian salad, a wheel of brie, 1.5 cakes, and god knows how many biscuits. i think it was a success. »
Tout ça donc, sans compter les bières. On vous l’a dit, c’est la crise!
Vous allez penser que c’est une obsession mais… 23 avril 2009
Posted by Kwet in Photographie.Tags: Culte de la personnalité, Yes we can
add a comment
…tant pis! Je poste un lien pour accéder à de très belles photos d’Obama jeune (college years). Contrairement à ce que vous pourriez penser, cela n’a (quasiment) rien de politique. J’aurais trouvé des photos de la même qualité du jeune Sarkozy, ou du jeune Miterrand, je les aurais postées aussi. Bon ok, les gens sont plus ou moins beaux, mais peu importe. Les photos sont belles, authentiques (je parle des expressions du visage), puisqu’antérieures à la politique, et c’est toujours rigolo de voir comment le visage à changé.
Damon Winter, faites moi un bébé! 21 avril 2009
Posted by Kwet in Perles de l'internet, Photographie, ma vie.Tags: Badass, Culte de la personnalité, Lapin, Vide
2 comments
Et oui, j’aimerais bien mais, pas possible, Dieu ne l’a pas voulu. Tant pis. Du coup, je dois me contenter d’admirer ses photos, qui lui ont valu un petit prix Pulitzer en photographie. Je vous invite fortement à aller les voir, toutes! Ca serait quand même dommage d’avoir subi mes quelques clichés depuis le début de l’année et de rater les perles de Damon <3 <3 <3. Je vous invite aussi à jeter un oeil à sa très concise biographie, où on apprend entre autres choses qu’il sort de Columbia (<3 <3 <3 :D), avec quelques photos supplémentaires.
Voilà, sinon, question bizarrerie américaine, j’ai rencontré l’autre soir une fille qui avait l’air normale, au début. D’ailleurs, au début, tout allait très bien, on était 6, chez une amie, ou plus exactement sur son rooftop. On voyait le New Jersey, l’Empire State Building au loin, Manhattan, le Queens,…On se saoulait gentiment au « wine product » (pas officiellement du vin donc. Comme du vin, mais qui donne envie de vomir aux premières gorgées. $8 la bouteille). Il faisait un bon petit 20 degrés. En plus, j’avais trouvé deux capotes encore dans leur emballage et non périmées par terre. Bref, la soirée ne pouvait pas commencer mieux!
Après une petite heure à papoter, ça s’est quand même un peu compliqué, quand la charmante Catherine (je ne me souviens plus de son vrai prénom) commence à nous parler de « son lapin ». Non, pas de son copain de façon imagée, de l’authentique lapin qui lui sert d’animal de compagnie. Jusque là, ça va. Mais ensuite, elle a commencé à nous expliquer à quel point il était intelligent, et mignon (« he’s SOOOO smart, and SOOO[...]OOO cute! »). Elle nous a ensuite expliqué que les lapins lors de l’accouplement mordent le cou de leur partenaire, et que donc quand elle a commencé à se réveiller le matin avec des marques de dents sur sa main, elle s’est dit qu’il faudrait castrer l’adorable queutard (oui, parce que son Rocco de lapin était en liberté dans son appartement). Elle nous a ensuite raconté à quel point son lapin l’a mal pris, et comment le lendemain de l’opération en rentrant chez elle, elle l’a trouvé siégeant sur sa table, dont il avait tout dégagé par terre avec ses petites pattes, en la fixant d’un regard accusateur. « Et après son opération, pendant deux mois, il ne voulait plus jouer avec moi, il ne me parlait plus (sic) ». « Depuis, notre relation n’a plus été la même ». Oui, elle parlait toujours de son lapin.
« He’s the best thing that has ever happened to me », nous a-t-elle finalement avoué, au comble de l’émotion. Moi j’étais tellement ému que je me bouffait les joues pour ne pas exploser de rire.
Après avoir raconté ça, je me rends compte que cette histoire prend encore plus de sens quand on a vécu un peu à NYC. Donc, rapidement, je m’explique. Certains le savent peut être déjà, mais tant pis. Ici, les gens sont vraiment très seuls. Je veux dire, non seulement c’est une très grande ville (donc, comme à Paris, on ne s’excuse après avoir bousculé quelqu’un que si c’est notre boss ou maman), mais en plus, une ville où les gens restent rarement plus de 2 ans d’affilée. Et il faut ajouter à ça l’hyper activité américaine, remarquée par les « explorateurs » français il y a 150 ans déjà (pas le temps d’aller chercher la source précise; si quelqu’un se sent d’attaque :)). Ce cocktail crée une athmosphère très particulière, où chacun a un emploi du temps chargé et pas du tout naturel. Diner pouvant se prendre entre 6h et 1h du mat, etc. Et chacun est plus préoccupé par son job/ses études que par autre chose. Enfin, tout le monde n’a pas les moyens de se payer un chez soi cozy ou aller déjeuner, ou bien habite trop loin de son lieu de travail pour rentrer déjeuner. Résultat, même à Paris, je n’ai jamais vu autant de gens prendre un verre seuls, déjeuner seuls, diner seul, lire seuls, etc, tout ça évidemment dans des endroits publics.
Là où je veux en venir, c’est que l’attachement un peu excessif de Catherine à son lapin lubrique est pour moi un symptome on ne peut moins surprenant de la vie New Yorkaise. Ca va avec ma proprio qui parle vraiment toute seule, et qui a un gros chien mexicain et 2 chats dans 20 metres carrés…
Voilà, je pense que c’est bien que je vous fasse part aussi des aspects un peu tristes de la vie New Yorkaise – le plus triste dans tout ça est probablement que justement, après un certain temps passé ici, les gens ne trouvent plus ces aspects tristes, mais justement naturels…
Allez, n’oubliez pas, les plus beaux clichés des élections américaines du semestre dernier, par ce délicieux Damon Winter!
Le Spring Break sobre, ça marche aussi. 22 mars 2009
Posted by Kwet in Hiking, Photographie.Tags: Glagla, I (L) Margaux, PENSEZ AUX TAPIS DE SOL!
5 comments
Voilà, j’annonce d’emblée la couleur: pour ce Spring Break, pas d’histoires de soirées oubliées, de réveils dans une prison mexicaine, ou encore de MST aux noms exotiques. Non, pour le Spring Break, j’ai décidé de rester dans les environs. D’accord, mon portefeuille a aussi un peu décidé. Mais pas seulement. Mon côté « vieux con » (vous savez, celui qui fait que je ne me sens plus tellement emoustillé en présence d’américaines ivres de 18 ans) a aussi un peu joué. Bref, j’ai juste bien profité de cette bonne petite ville de New York, et fait une virée de deux jours à la frontière entre le New Jersey (« The USA’s armpit », pour les intimes) et la Pennsylvanie. Dans les environs de Delaware Water Gap, pour les googleurs forcenés.
Prologue: du béton, du béton, et Oh!, du Margaux
À vrai dire, cette virée a un peu commencé la veille, en cela que grâce à un doux urluberlu, j’ai pu quitter mon petit train train un jour plus tôt. Erika (une amie italienne qui a été « professional rollerskater » il y a quelques années, et qui fait maintenant une thèse en nanophysique…) et moi revenions tranquillement du théâtre (encore un coup des student rush tickets à $10, pour un spectacle au public gris et tremblotant, mais vraiment très, très bien joué), en marchant sur Madison Avenue. Je laissais donc trainer mon regard sur les vitrines où nul prix ne figure, puisque tout le monde le sait, les soucis d’argent, c’est bien pour ceux qui n’en ont pas. Quelle désopilante ironie! J’aperçois alors un restaurant français, « La Goulue », avec quelques tables déjà occupées sur sa terrasse. Alors que j’expliquais fièrement l’origine du nom à Erika, je me rapproche pour lire le menu, saliver, regarder les prix, et pleurer. Et là, un des types assis aux tables de la terrasse, perdu quelque part entre 40 et 50 ans, costar, très jolies lunettes et petite bedaine, nous interpelle (je ne vais pas faire mon malin à mettre ça en VO): « Hey, venez prendre un verre! Allez, c’est moi qui offre! Venez! … Bah, où est-ce que vous allez aller sinon de toute façon?! ». Attiré par son air naturel et par le foie gras qui trônais sur la table, je finis par céder. Les verres s’enchaînent, je me rends compte qu’à l’origine il n’y avait à la table que ce charmant Marc -c’était son prénom- et sa soeur. Tous les autres, le couple de Princeton, les futurs mariés italiens, l’irlandais encore bourré de la veille, la vieille dame qui parlait français, étaient des passants happés par notre bienfaiteur visiblement plein aux as. Marc insistat évidemment pour qu’on se gave à volonté, tout en me demandant quel vin je voulais. J’indiquai timidement ma préférence pour un « red », pour aller avec le fromage, et bim, 1 minute plus tard, 2 bouteilles de Margaux 2000 arrivent sur la table…Alors, je fais confiance à mes lecteurs oenologues pour me dire quelle fortune coûte ce genre de bouteille à NYC, mais c’était vraiment très, très bon. Au beau milieu de cette saoulerie, Erika m’abandonne, ayant un rencard. Je continue donc joyeusement à manger foie gras, fromage, poulet, ravioli, champignons, le tout généreusement arrosé de Margaux (bah oui, ils étaient pas cons les serveurs; voyant que le bonhomme était aussi riche que nous étions affamés et pauvres, ils ne laissaient jamais nos verres se vider). J’ai évidemment fini rond comme une queue de pelle, mais de manière complètement indolore, comme à chaque fois qu’on se la colle avec un bon vin. Décidément improbable, cette rencontre m’a vraiment revigoré, pas tellement pour la nourriture et le vin, mais pour la simplicité et la générosité avec laquelle ce Marc partageait sa qualité de vie avec tous les passants qui daignaient prendre de leur temps pour venir poser leurs fesses à une terrasse. Oui, parce qu’ici, ce n’est pas si évident. Ici, le passant moyen, s’il se fait interpeler et offrir de la nourriture dans la rue, il se méfie, accélère, parce qu’il a cours de pilates dans 10 minutes et qu’après il doit aller à deux dîners très importants le même soir. Bref, les gens autour de la table étaient justement ces new yorkais de Madison avenue qui ont su prendre le temps de boire un verre (ou plus) avec des inconnus.
Edit « people »: un souriant quinquagénaire ayant dit « ne pas avoir le temps » de s’asseoir était « Wolfgang Puck ». Je ne savais pas trop qui c’était, et il disait qu’à l’origine il devait être le chef du restaurant qui nous nourrissait. Je l’ai donc googlé, et on dirait que « c’est pas un couillon ».
Donc voilà, la veille du départ, je m’endormais ivre sur mon lit à 9h du soir. Le lendemain, j’étais frais et vaillant à Time Square pour récupérer les tickets de bus, qui nous faisaient passer par un bled perdu avant de nous amener, Pauline (pas la coquine, une autre) et moi, à Delaware water gap. J’ai découvert à cette occasion que depuis ce petit incident du cinglé qui a décapité son voisin dans un bus Greyhound, cette compagnie fouille et passe chaque passager au détecteur à métaux. Comme c’était le matin, que j’avais 4 poches, et que j’ai tendance à ne pas utiliser mes petites pièces, il a fallu que je m’y reprenne à 4 fois pour ne plus faire sonner la machine du monsieur qui me fouillait. J’ai eu beau lui dire en rigolant qu’on « ne sait jamais quoi faire de tous ces pennies », il n’a pas bronché. Le cuistre. Pendant notre escale dans le susdit bled perdu, j’ai découvert qu’acheter des pommes était loin d’être facile une fois sorti de New York. Il aura fallu fouiller 3 magasin, interroger autant de passants, pour finalement trouver des pommes…(qui étaient dégueulasses). J’en profite pour vous faire part d’un dialogue que je garde précieusement de côté pour le roman surréaliste que j’écrirai un jour.
moi: « bonjour, vous savez ou on peut trouver des pommes ici? … … … des fruits quoi »
le ricain: »hein? Des fruits?… …des fruits, des fruits…hmmm…, des fruits… Peut êêêtre là bas…pas sûr… ou alors, essayez ce magasin à deux blocs d’ici. Mais, pourquoi vous voulez des fruits? »
Nous: »bah, pour manger, on va faire de la rando »
lui: »mais pourquoi vous prenez pas de la nourriture? (« food » en VO).. vous etes vegetariens? »
À ce stade là, on lui a dit « ok cool, thank you, take care! », et on est parti en se mordant les lèvres. Je vous fait profiter d’une photo du génie en question:
Bon, après ça, on a repris le bus, et on est arrivés à Delaware Water Gap. On n’avait pas de plan, alors on s’est perdus, et on est parti dans la mauvaise direction (sur la bonne piste, quand même!). On a marché, grimpé, pris des photos, respiré, admiré pendant toute la journée, et puis on a commencé à se demander où on allait planter la tente, vers 7h, quand le jour commençait à tomber. On a donc décidé, malgré les nombreux panneaux mettant en garde contre les ours (on dira ce qu’on voudra, si les ours étaient vraiment méchants, on n’en ferait pas au chocolat et à la guimauve, mais plutôt en réglisse, ou un autre truc dégueu), de planter notre petite tente sur un bout de terre au bord d’une rivière au milieu de la forêt:
Alors, comme vous pouvez peut-être le deviner, cette tente est minuscule, et n’a qu’une couche (pas de mousticaire). Nous n’avions pas non plus de tapis de sol (dites bonjour au sol glacé, que toute votre bonne chaleur corporelle ne réchauffera jamais). Enfin, nous n’avions prévu pour nous nourrir que 6 barres de céréales par jour, plus une ou 2 de ces fameuses pommes dégueux. C’est donc en sous nutrition, et sous équipés, que nous avons passé la plus froide nuit que nous ayons connu. Je devais lire, plus tard, que pendant la fin de l’hiver, « même si les températures de jour s’élèvent, quand la nuit tombe, elles redescendent très vite ». C’est pas du barratin, j’ai regardé le lendemain, il a fait environ 0 degrés cette nuit là… Je sais, ça a probablement l’air follement amusant comme ça, mais non, non, n’essayez pas. Ou alors, prévoyez de dormir pendant 3h, pleurer pendant 4, et papoter pendant 2.
Enfin, tout ça en valait la peine car le lendemain, le temps était magnifique, on était presque seuls dans ce parc national encore désert (pas cons les américains, ils campent pas en hiver eux), et je ne peux que vous dire d’aller jeter un oeil aux quelques photos que j’en ai ramené, ici.
Quelques unes de mes favorites:
Ninja cat 20 mars 2009
Posted by Kwet in Perles de l'internet, ma vie.Tags: Glagla, Meow, Ninja
add a comment
Pour le Spring Break, certains vont à Cancun, ou Miami, pour perdre un peu de matière grise et beaucoup de dollars; moi, je reste à NYC et j’erre sur youtube à la recherche de videos de lolcats:
Plus sérieusement, je suis allé faire de la rando dans les Appalaches, ai passé la nuit la plus froide que j’ai jamais connue, et ai vu la femme la plus obèse que j’ai jamais approchée à moins de 2 mètres. Mais ça sera pour quand j’en aurai fini avec le tri des photos (des Appalaches, les photos).
Un pays plein de surprises… 14 mars 2009
Posted by Kwet in Perles de l'internet.Tags: Misantropie
add a comment
Article paru sur lefigaro.fr, à propos d’un apprenti politicien républicain aux US…Regardez la vidéo, c’est tout simplement effrayant..
Les spectacles de ballet, c’est aussi pour les couillons 23 février 2009
Posted by Kwet in ma vie.Tags: Ninja, Pole dance, Première fois, Vouve Cliquot
4 comments
C’est ce que j’ai découvert ce week end. Je veux dire, en dehors du fait qu’après 5 grandes vodkas cul sec, sans avoir manger, l’homme rentre en chemise par -5 degrés, en oubliant son manteau, sa carte d’identité, sa carte de metro [...] dans le bar, et ne se souvient de rien. Ca, en fait, je le savais déjà, je l’ai juste oublié le temps d’un soir. Bref, avant de me ridiculiser comme un grand, j’en étais à dire que le ballet, c’est aussi pour les couillons. J’ai découvert ça parce que le New York City Ballet a eu la bonne idée de mettre en place un système appelé « Student Rush ». Vous êtes étudiant, on est samedi, il est 14h, et vous vous dites qu’un spectacle de ballet dans une superbe salle, pour $12, placé sur le 3e balcon, le soir même, ça serait bien. Donc vous vous connectez, vous commandez, vous passez chercher les tickets, « et voilà! » (pour ces 2 derniers mots, l’emploi de l’accent anglais, de l’upper east side plus exactement, est très important; parce que sans ça, on vous prend pour un pauvre). Vous êtes alors fin prêts à vous mêler à une foule grisonnante sirotant du Champagne « Veuve Cliquot » à chaque entracte (ah oui, ici on dit « Vouve », pas « Veuve »…faut vivre avec son temps).
Bref, une fois la première frayeur passée – celle d’être confondu avec un mendiant – on s’installe bien confortablement, et on attend que les gens arrêtent d’applaudir les violonistes vedettes. Et là, tchikaboum, ça commence, sans crier gare, les tutus, les petits sauts, les pirouettes, et les violons. Je croyais que j’allais m’endormir, en bon couillon de la danse que je suis. Eh bien pas du tout! C’était juste magnifique, époustouflant, et hypnotisant. Du genre on a des petits frissons dans le dos, on oublie un peu de respirer, et on pense que les matrices c’est pour les nuls, et que demain on prendra des cours de tango argentin. Alors voilà, comme justement, j’ignore tout de la danse, de son histoire, de sa technique et de son lexique, je ne pourrais pas vraiment expliquer ce que j’ai vu, en faire une critique bien ficelée. Tout ce que je pourrai dire, c’est ceci: à tous les couillons qui comme moi pensait que le ballet, c’était un truc pour les gens intelligents, pour les artistes, pour Arte, pour les vieux, pour les gens qui de toute façon s’emmerdaient déjà avant, pour les insomniaques, ou encore pour les gens qui étaient mauvais au foot, he bien pas du tout. Enfin si, un peu, mais pas que pour eux. Aussi pour les gens comme moi – qui, je vous arrête tout de suite, ne rentrent dans aucune des catégories ci-dessus, j’étais le king des terrains de foot quand j’avais 7 ans.
Alors voilà, si vous en avez la possibilité, allez voir des gens sautiller en collant, pour pas cher, je suis sûr qu’il n’y a pas que le NYC Ballet à faire ce type d’offre. Et puis sinon, faites comme tout le monde, attendez de faire sous vous, et payer le tarif senior a $65 pour une place au 4e balcon!




